Imagines-tu à quel point il faut aimer pour apprendre à ne vivre que pour vous, sachant que vous oublierez tout de vos premières années, que celles à venir souffriront de ce que nous n'aurons pas bien fait, qu'un jour viendra, inéluctablement, où vous nous quitterez, fiiers de votre liberté.
Sais-tu comme on a le mal de vivre le jour où vos enfant s'en vont ? As-tu imaginé le goût de cette rupture ? On est la comme un con sur le pas de la porte à vous regarder partir, à se convaincre qu'il faut se réjouir de cet envol nécessaire, aimer l'insouciance qui vous pousse et nous dépossède de notre chair. La porte refermé, il faut tout réapprendre ; à meubler les pièces vides, à ne plus guetter le bruit des pas, à oublier ces craquements rassurants de l'escalier lorsque vous rentriez tard, et que l'on s'endormait enfin tranquille.


